| Ponte Novu |
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| Écrit par Cristofanu FILIPPI |
| Lundi, 17 Novembre 2008 21:57 |
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Référence : U ribombu.com, Ponte Novu.
Mai 1769, avec la défaite de Ponte Novu, la Corse perd son indépendance.
Pendant longtemps, on a cherché à expliquer la Corse et son Histoire, uniquement en fonction d'événements extérieurs à la Corse. Et encore aujourd'hui, nous en avons la preuve à travers l'affaire du site San Ghjuvan Battista, on voudrait faire croire que la culture et l'Histoire de la Corse ne commencent qu'en 1769, avec la conquête militaire française et la naissance de Napuliò Buonaparte. Dans tous les " bons " manuels scolaires, on apprend que la Corse est passée sous la domination de la France en 1768. Et nous parlons de ces manuels scolaires encore en vigueur où nos enfants apprennent que les Gaulois auraient été nos ancêtres, comme ils étaient ceux des Algériens ou des Sénégalais au début du XXe siècle… On l'entend même parfois dans des conférences historiques, pourtant données par de grands historiens corses qui plutôt que de parler de l'époque de l'indépendance, préfèrent utiliser la périphrase " le généralat de Pascal Paoli ", comme si le mot indépendance leur faisait peur… Considérer cette date de 1768 comme date de l'annexion de la Corse par la France est une grave erreur historique, mais surtout une insulte pour les Corses qui se sont battus jusqu'en mai 1769 pour la liberté de notre patrie, au prix, pour beaucoup, de leur vie. La bataille Dans le Nebbiu, les Corses avaient disposé une ligne de défense allant du village d'Olmeta di Tuda à celui de San Petru di Tenda, pour contenir les 12 000 soldats français présents dans le secteur, dont la base de départ était Oletta. Cependant, seulement 1200 à 1500 corses étaient présents sur cette ligne de front. A l'Est, l'occupation du village de U Borgu permettait à quelque 500 nationaux de contrôler cette route. Le 4 mai, le comte de Vaux ordonne à ses troupes de faire de fausses manoeuvres pour tromper les Corses. A l'aube du 5 mai, la bataille commence. Les Français sous le commandement du Comte de Vaux attaquent avec près de 5000 hommes pour forcer la ligne de défense entre Olmeta di Tuda et San Petru di Tenda. 7500 autres hommes suivent en réserve. Malgré l'infériorité numérique, les Nationaux résistent sauf en un point. Le passage entre Rapale et Pieve, défendu par une cinquantaine d'homme, et attaquée par 2000 soldats français ! Les Français passent et vont se positionner à l'église de San Niculaiu. Cette manoeuvre a été rendu possible grâce à la trahison de Boccheciampe d'Oletta et de quelque 250 corses qui ont guidé les Français et qui leur ont indiqué le point faible de la défense. Toujours le 5 mai, le sinistre comte de Marbeuf attaque U Borgu avec 2700 hommes, alors que le village est défendu par 450 soldats corses. Le village cède. Pasquale Paoli et Chilimentu son frère sont à Muratu, et se retrouvent dans une position très inconfortable, risquant à tout moment de se faire prendre en étau par les troupes françaises. Les chefs corses prennent alors la décision de retirer les troupes et de faire évacuer les habitants des villages du Nebbiu que les Français trouveront déserts. Pour réorganiser la ligne de front, Paoli redéploie ses hommes sur trois points de passage de voix de communication : U Ponte Novu, U Pont'à a Leccia et Petralba. Les 6 et 7 mai 1769, les Français se regroupent à Lentu et occupent les cols de Tenda et de San Ghjacumu. Paoli demande à toutes les pieve d'envoyer des renforts pour la bataille qu'il sait décisive. Les Français qui tiennent plusieurs voies de passage ne laissent pas arriver ses renforts. Le 8 mai à 10 heures du matin, les troupes corses tentent de reprendre les cols de Tenda et de San Ghjacumu. L'échec de la prise de ces cols a eu des conséquences désastreuses. Cela aurait pu permettre aux Corses de menacer l'armée du compe de Vaux par derrière. Au contraire, celui-ci, se sentant en sécurité, a pu mettre toutes ses troupes dans la bataille. Le 8 mai à partir de 14 heures commence la bataille de Ponte Novu. Les Français engagent 5000 soldats contre les 2400 corses et une centaine de mercenaires. Tout d'abord, Paoli fait attaquer San Ciprianu où sont cantonnées les troupes d'élite du comte de Vaux, à l'Est de Lentu. Les Nationaux prennent le dessus sur les Français mais Le comte de Vaux réagit en envoyant immédiatement des renforts pour empêcher San Ciprianu de tomber. Il envoie également des forces vers Canavaggia et Costa afin de couper la retraite éventuelle des troupes corses. La seule manoeuvre possible pour les Nationaux est alors de reculer et de se regrouper sur la rive droite du pont. Mais les hauteurs dominant le pont à l'ouest n'étaient pas occupées par les Corses pour protéger le pont, car cette partie de l'armée française aurait dû être occupée à batailler avec les renforts corses venant du col de Tenda. De plus Paoli lui même explique le 9 mai dans une lettre : " Hier, nous fûmes sur le point de remporter une victoire capitale. L'ardeur trop importante des nôtres les précipita trop vers l'ennemi. Le temps que j'organise un détachement pour occuper les hauteurs qui dominent le pont, les nôtres s'affolèrent sur le pont et empêchèrent sa traversée". Les nationaux se sont alors retrouvés attaqués de front par 1900 soldats et sur le flan par 1200. Les historiens divergent sur la raison pour laquelle les Corses n'ont pas réussis à se regroupper sur la rive droite du pont. Certaines sources parlent des mercenaires prussiens qui auraient tiré sur les Nationaux qui voulaient franchir le pont, soit par méprise, soit par trahison (des Prussiens ou celle d'un Corse qui aurait donné l'ordre de tirer sur tous les "fuyards" pour empêcher les troupes de Paoli de se regrouper). Il semble en fait que Paoli avait ordonné la construction d'un mur pour défendre le pont, déjà très étroit, et que les Nationaux lorsqu'ils ont passé le pont, ont perdu beaucoup de temps et se sont retrouvés sous le feu des Français qui, de part leur position dominante, ont pu infliger de lourdes pertes aux troupes corses. Après, il était trop tard et les Corses avaient perdu trop d'hommes, il ne restait plus que la solution de la retraite. Suivant les chiffres des différents auteurs, cette semaine de bataille aurait coûté la vie à 500 nationaux, voire un millier. Les Français auraient perdu entre 400 et 800 hommes. Henri-Joseph Alfonsi Sources : U ricordu di Ponte Novu, éditions d'Altri Orizonti, tome II, 1995.Campagne du comte De Vaux, Pontinovu, Paoli Multeldu, Cismonte è Pumonti edizione, 1988. Recherches historiques et statistiques sur la Corse, par Robiquet, 1835. |
| Mis à jour le Mardi, 25 Novembre 2008 19:13 |

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