| Pasquale Paoli |
|
|
|
| Écrit par Cristofanu FILIPPI |
| Dimanche, 16 Novembre 2008 13:02 |
|
Référence : Wikipédia, Pascal Paoli.
Pascal Paoli est le fils de Hyacinthe Paoli, nommé conjointement avec plusieurs notables corses chef de la nation avant et depuis le départ du roi Théodore de Neuhoff. Il naît dans le hameau dit « a Stretta » du village de Morosaglia, dans une Corse alors sous domination génoise. Dans ses jeunes années, il suit de bonnes études au couvent des Observantins du Rostino. Jeunesse et exil napolitain En 1739, Hyacinthe Paoli, contraint par les Génois de quitter la Corse secouée par des troubles depuis 1729, choisit de se réfugier à Naples. Il emmène avec lui le plus jeune de ses fils, Pasquale, âgé de 14 ans. C'est donc en Italie, et plus particulièrement à Naples, que Pasquale Paoli reçoit l'essentiel de sa formation. Il est élève à l'École militaire de Naples et devient cadet dans les troupes corses du Royaume des Deux-Siciles. Il débute par la suite une carrière dans le régiment royal de Farnèse et porte un regard attentif dans le même temps sur les évènements qui se déroulent en Corse et la révolte d'une partie de la paysannerie appuyée sur les notables contre le pouvoir génois. Durant cette période, il suit l'enseignement d'Antonio Genovesi, titulaire de la première chaire européenne d'économie politique, qui, humaniste, place au premier plan de la légitimité du pouvoir l'intérêt du peuple et prône la séparation du spirituel et du temporel. En économie, Antonio Genovesi insiste sur le commerce international comme source de richesse et valorise en particulier le travail, conceptions qui seront plus tard appliquées par Pascal Paoli. Le jeune Paoli est aussi un grand lecteur de Montesquieu, dont il se fait expédier « l'Esprit des lois » par son père, et des penseurs britanniques de l'époque. Mais il fait également preuve de curiosité scientifique et suit les cours de l'Académie Royale d'Artillerie. Le généralat Lors de la consulte 2 au couvent Saint François de Castifao à Caccia, le 20 avril 1755, il est appelé par les principaux chefs corses révoltés contre Gênes. La guerre que la République de Gênes continuait de mener contre la Corse était à son apogée, et les représentants de la nation allaient délibérer sur les chefs qu'ils devaient nommer pour guider le pays dans cette lutte vitale. Paoli se rendit à l'Assemblée comme député de Morosaglia pour prendre la tête de l'insurrection pour l'indépendance de la Corse. Il y fut élu ce même 20 avril 1755 Général en Chef de la Nation Corse3. Mariu Emmanuele Matra s'y oppose et propose sa candidature. Au cours d'une consulte tenue au Couvent Saint-Antoine de la Casabianca les 13, 14 et 15 juillet de cette même année, Pasquale Paoli est élu par son peuple : nous sommes le 14 juillet 1755. Le lendemain de son élection, il sera proclamé Général en Chef de la Nation et Général du "Royaume de Corse". Paoli reçoit la nouvelle chez lui à Morosalia où il avait préféré demeuré, s'abstenant de participer à la consulte pour laisser aux députés la liberté de parlementer hors de sa présence 4. Durant les premiers mois du généralat, Matra est élu à son tour Général de la Nation. Avec un corps de partisans, il s'oppose et marche contre Paoli, mais la lutte se termine deux ans plus tard par la mort de ce général au siège du couvent de Bozio. En même temps, Pasquale Paoli met en œuvre un plan réflechi de modernisation de l'île en lui donnant une constitution (constitution corse) 5fondée sur la séparation des pouvoirs, et accorde le droit de vote à tous les citoyens, dont les femmes (veuves ou célibataires). La Corse devint alors le premier État démocratique dans l'Europe des lumières, et Paoli un « despote éclairé », ce qui suscita l'admiration de philosophes comme Rousseau et Voltaire.6 Paoli défendit la liberté, bien qu'étant élu à vie. La possibilité d'être démis par la diète corse, dominée dans les faits par les chefs de clan, n'étant pas clairement établie. En outre, Paoli se réservait le droit d'inviter de nombreuses personnes non élues à venir siéger dans cette assemblée. Quant à l'université fondée à Corte, elle restait, par les matières étudiées et par ses nombreux professeurs ecclésiastiques, dominée par le catholicisme. Sur le plan économique, Paoli introduit en Corse la pomme de terre dès 1756, fonde L'Île-Rousse (1758) dans le but de concurrencer les présides génois d’Algajola et de Calvi, et fait battre monnaie à l’effigie de la nation corse à Murato (1762). Une « imprimerie nationale » est créée à Campoloro où sont publiés les « Ragguagli dell’Isola di Corsica », sorte de journal officiel. Il crée une marine de guerre et fait de Corte la capitale de la Nation corse où siège le gouvernement. Il bat une monnaie saine, et interdit la vendetta. Négociations entre Gênes et la France, la guerre de Corse La France, pour des raisons stratégiques, désirant s’implanter en Méditerranée trouva l’opportunité politique de s’emparer de la Corse lorsque laRépublique de Gênes, chassée de Corse et criblée de dettes, vint chercher de l’aide auprès du roi de France. Aux termes du traité de Versailles, signé le15 mai 1768, la France prêta deux millions de livres à Gênes qui donna en garantie la Corse qu’elle ne possédait plus. Ayant eu connaissance du traité de Versailles, Pasquale Paoli réunit une consulta le 22 mai à Corte où il fit ce commentaire : « Jamais peuple n'a essuyé un outrage plus sanglant... On ne sait pas trop qui l'on doit détester le plus de celui qui nous vend ou de celui qui nous achète... Confondons les dans notre haine puisqu'ils nous traitent avec un égal mépris » Bien décidés à défendre leur indépendance, les Corses remportent plusieurs victoires face aux troupes françaises. La plus célèbre étant celle de Borgu, le5 octobre 1768, où les armées de France doivent battre en retraite devant les régiments corses. Mais, fortes de quelque 20 000 soldats, les troupes deLouis XV remportent une victoire décisive le 9 mai 1769 à Ponte Novu. Les troupes corses mises en déroute, Pasquale Paoli, contraint à l’exil, quitte la Corse. Il est reçu par le Grand Duc de Toscane, par l'Empereur d'Autriche, le StadHouder des Pays Bas et accueilli par le roi de Grande-Bretagne le 13 juin 1769. La Corse perd du même coup son indépendance et voit les citoyens de sa démocratie passer au rang de sujets de Louis XV. La victoire militaire des français et l’exil de Pasquale Paoli ne signifiait pas pour autant que la Corse soit conquise. Les nombreuses insurrections qui éclatent dans l’île sont réprimées. Premier exil et retour en Corse Paoli s'exile, il quitte la Corse avec 500 ou 600 de ses partisans, il s'embarque à destination de la Grande-Bretagne et est acclamé sur son passage par ses admirateurs, d'Italie en Grande-Bretagne en passant par l'Autriche ou encore les Pays-Bas. Son combat est en effet devenu célèbre à travers l'Europe grâce au récit de voyage du Britannique James Boswell, Account of Corsica. Enfin, après un exil de vingt ans et loin d'être opposé à la France, il se rallie à la Révolution française, libératrice du peuple et créatrice de la démocratie. Il est accueilli en particulier par Lafayette. Paoli est rappelé en 1790, dans sa patrie, et son voyage de Paris en Corse fut une véritable marche triomphale. Il est reçu le 22 avril 1790 par l'Assemblée nationale puis, le 26, par le club des Jacobins, alors présidé par Robespierre, qui l'admet à l'unanimité en son sein7. Louis XVI le nomme alors lieutenant-général et commandant de l'île. Il débarque le 14 juillet 1790 à Macinaggio pour son retour en Corse, où il est accueilli triomphalement par la population. Cependant, les relations entre Paoli et la Convention se ternissent, notamment suite à l'échec de l'expédition de Sardaigne. Ne sachant où s'arrêterait la Révolution française, Paoli se rapproche de la Grande-Bretagne pour chasser les Français de Corse et fonder un royaume anglo-corse8. Paoli ne prend ses distances qu'avec la Terreur, qui met sa tête à prix. Le 2 avril 1793, la Convention décrète son arrestation et le déclare « traître à laRépublique française ». En réponse, patriotes corses et députés se réunissent en Consulte générale à Corte le 10 juin 1794 pour l'élever au rang deBabbu di a Patria (« Père de la Patrie »), et les députés jurèrent fidélité au roi de Grande-Bretagne et à la constitution que ce prince avait offerte, et qui établissait un Parlement et un vice-roi. Le Royaume anglo-corse et le second exil Écarté par les Britanniques du titre de vice-roi, Paoli, mécontent de la conduite que tiennent les Britanniques, se retire à Monticello9. Il quitte la Corse avec regret mais résigné et retourne à Londres pour un exil définitif, où il meurt le 5 février 1807 à l'age de 81 ans. Il laisse, par son testament, une somme importante pour fonder à Corte une université, et à Morosaglia une École primaire supérieure. Le mythe de Pasquale Paoli, « babbu di a Patria » (« père de la Patrie ») est encore très vivant et présent dans l'île. Ses cendres reposent aujourd'hui dans son village natal de Morosaglia. Son cénotaphe se trouve à l'abbaye de Westminster à Londres. |
| Mis à jour le Mardi, 25 Novembre 2008 19:10 |

Histoire 


