Ce n'est pas un paysage, c'est un pays. Ce n'est pas une population, c'est un peuple...
Ce jugement d'Aimé Césaire sur la Martinique peut-il s'appliquer à la Corse ? Sans doute, dans la mesure où il met l'accent sur les caractères singuliers que les habitants ont depuis longtemps donné à la terre sur laquelle ils vivent.
Le voyageur qui découvre la Martinique ou Majorque, celui qui pénètre en Sardaigne, a l'impression aussi qu'il entre dans un pays. Chacun offre le spectacle d'un petit monde. Où réside l'originalité de la Corse ?
Avec un étoffe territoriale comparable à l'étendue de la Crète ou de Chypre, elle est celle où la montagne occupe le plus de place. Une vraie montagne, avec des sommets d'allure alpine, une couverture nivale prolongée, des alpages, des forêts épaisses de conifères et de feuillus, et une multitude de villages campés sur les éperons ou accrochés aux pentes. Encombrante présence qui restreint l'importance des plaines côtières, minces liserés de pied-mont ou conques menues, épanouies au fond des golfes...
Jeanine RENNUCCI, "La Corse", collection Que sais-je ? Editions PUF - 981 |
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